Les enjeux de l’intelligence artificielle sur le plurilinguisme au sein de l’administration fédérale suisse
Sur mandat de la Déléguée fédérale au plurilinguisme, Nicoletta Mariolini, le Centre d’études sur la démocratie d’Aarau (ZDA) de l’Université de Zurich a mené une étude pilote pour analyser les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur le plurilinguisme au sein de l’administration fédérale. Présentée le 16 juin 2026 à Berne, elle met en évidence que les outils d’IA contribuent à lever les barrières linguistiques, mais risquent de gommer certaines spécificités culturelles et de nuire à la compréhension entre les communautés linguistiques.
L’intelligence artificielle, notamment les outils de traduction automatique et les grands modèles de langage, s’est imposée dans le travail quotidien de l’administration fédérale et transforme la production de contenus multilingues. Ci-dessous, retrouvez une vidéo de la soirée de présentation de cette étude :
Les outils d’IA facilitent le travail dans la langue officielle préférée, notamment pour les collaboratrices et collaborateurs francophones et italophones, et peuvent favoriser le recrutement des minorités linguistiques. Ils risquent toutefois de pousser vers un fonctionnement plus monolingue et d’atténuer les spécificités culturelles. Leurs performances de traduction — meilleures en allemand, plus limitées en français et en italien, et quasi inexistantes pour le romanche — accentuent les inégalités entre les différents groupes linguistiques. L’usage croissant de l’IA peut en outre entraîner une érosion des compétences linguistiques et, à terme, affaiblir le rôle fédérateur des langues et la prise en compte des diversités culturelles et régionales.
L’étude souligne enfin que l’utilisation de l’IA est déjà répandue, malgré un cadre encore à compléter. Elle recommande notamment de :
- Définir un cadre réglementaire clair entre IA, exigences linguistiques et droit ;
- Garantir une couverture linguistique équilibrée et satisfaisante des outils d’IA au sein de l’administration fédérale ;
- Renforcer la sensibilisation linguistique et culturelle des cadres intermédiaires ;
- Suivre régulièrement les effets de l’IA ;
- Approfondir la réflexion à l’échelle nationale.
Au vu des résultats de l’étude, le message de la Déléguée fédérale au plurilinguisme, Nicoletta Mariolini, est clair : le plurilinguisme de demain sera en partie façonné par l’intelligence artificielle — à nous d’en faire un levier au service de la diversité linguistique et de la cohésion nationale. Vous pouvez écouter cette interview radio pour en savoir plus sur les considérations de Nicoletta Mariolini quant à ce sujet.
Consulter l’étude :
Dans les médias :
- « IA e plurilinguismo », RSI Alphaville
- « Les outils d’IA dans l’administration fédérale : une menace pour le plurilinguisme ? », DeFacto
- « Grande interview : Nicoletta Mariolini s'intéresse à l'impact de l'IA sur le plurilinguisme », Radios Régionales Romandes
- « Mehrsprachigkeit in der Verwaltung droht verloren zu gehen », SRF Rendez-vous
- « L’importanza del plurilinguismo nel federalismo », RSI In altre parole
